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L'écrivain Patrick Drevet n'est pas Lyonnais d'origine mais a habité Lyon, ville qui lui inspire, dans "La fugitive", un curieux mélange d'attirance-répulsion.
(...) "Partout, à Lyon, ce contraste entre le dehors, où l'on a sans cesse l'impression d'avancer entre deux falaises d'immeubles qui vous tournent le dos, et le dedans, que rien n'annonce. Que, par tel porche discret, comme celui du Musée Saint-Pierre aux Terreaux, on pénètre à l'intérieur : on se trouve tout à coup dans le plus paisible des jardins ; ou bien, comme dans nombre de maisons du Vieux Lyon, l'on croit descendre dans des caves et l'on accède à une cour finement ornementée ; telle construction à allure de blockhaus, comme le centre commercial de la Part-Dieu, se révèle en son c¦ur une mirifique caverne d'Ali Baba, et il n'est pas jusqu'au métro, confortable, luxueux, rutilant de tous les feux de la modernité, qui ne témoigne de la prédilection de cette ville pour les entrailles, les cryptes, le chtonien. Pour la nuit aussi, qui la transfigure : ses rues si tristes durant le jour et dont la rectitude, quand elle ne débouche pas sur un bâtiment ou un pan de colline qui arrête la vue, frustre sans cesse la clarté promise, se révèlent alors en communication directe avec l'infini, et toute la ville s'allège, brille, frémit d'une sorte d'allégresse à la fois puérile et mystique. Cité de nuit plus que toute autre, Lyon se tasse à l'intérieur de ses murs dès que le jour arrive et nul flâneur ne saurait alors débusquer son âme sous ce visage clos qu'en présentent les photographies."
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