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L'Acte III de la rénovation de l'Auditorium devrait clore définitivement le procès en acoustique qui handicape, depuis l'origine, musiciens et mélomanes.

C'est dans les couacs qu'émergea l'Auditorium Maurice Ravel. Le projet était pourtant séduisant : créer, dans un quartier en totale renaissance et en pleine expansion, la Part-Dieu, la plus grande salle de concert de l'époque qui contribuerait à promouvoir l'image de Lyon à l'international. D'autant que le symphonique ne disposait, alors, pour se faire entendre que de la salle Rameau, datant de 1908 et particulièrement inadaptée aux grandes formations...

Et pour s'en donner les moyens, la conception fut confiée à Henri Pottier, grand prix de Rome, architecte en chef des bâtiments civils et Palais nationaux - excusez du peu - , assisté de Charles Delfante l'architecte-urbaniste en chef de la ville de Lyon. Mais tout dérapa très vite : l'important dépassement du coût de la construction de cette énorme coquille Saint-Jacques en béton, entraîna la suppression de nombreuses réalisations (accès handicapés, salles de répétitions...) ; l'absence de concertation avec les musiciens aboutit à des aberrations comme l'absence de foyer ou l'impossibilité d'accès pour tous au plateau mobile ; l'opposition des services de sécurité au revêtement en bois ignifugé, pourtant idéal en terme de réverbération du son, amena la pose de monstrueuses alvéoles au plafond et, fin du fin, de fauteuils douillets et d'une moquette au sol...

Les polémiques furent d'ailleurs telles que Michel Poniatowski et Michel Guy, les ministres pressentis pour inaugurer en grande pompe, le 14 février 1975, ce vaisseau amiral prirent le large.

Le succès public fut en revanche incontestable : les deux mille invités occupant tous les fauteuils de velours bleu, le premier magistrat lyonnais, Louis Pradel, dut assister au concert inaugural assis sur une marche d'escalier !

Il aura donc fallu vingt deux ans et trois tranches de travaux successifs - abandon des sphères de plafond, nouvelles parois latérales et de fond, rénovation visuelle de la salle et de ses éclairages, pour les deux premières ; remplacement des fauteuils, suppression de la moquette et réaménagements scénique et intérieur, cet été - pour que l'Auditorium devienne ce qu'il était à l'origine sur le papier : une des plus belles salles de concerts d'Europe, fierté des Lyonnais.



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