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La construction du pont Kitchener-Marchand démarra au début du XIXe siècle en même temps que les travaux de remblaiement de Perrache. Dès 1828, des ouvrages provisoires en bois se succédèrent, le passage sur la Saône ne devenant définitif qu'en 1849 sous le nom de Pont Napoléon. Sur près de 100 mètres de long et 24 de large, le pont Kitchener-Marchand permet la traversée de la Saône entre la montée de Choulans et le cours de Verdun. Ce furent les émeutes de 1834, suivies de l'incendie du pont et enfin l'inondation de 1840, qui imposèrent un ouvrage plus solide. Commencés en 1846, les travaux furent menés par la Compagnie des ponts Napoléon. Le pont Napoléon fut inauguré en 1849. Au crépuscule du Troisième Empire, il fut sobrement rebaptisé Pont du Midi. C'est au sortir de la Première guerre mondiale qu'il acquit une partie de son nom actuel. Le pont du Midi devint alors le pont Kitchener, en hommage à ce Lord Anglais, qui organisa un corps expéditionnaire combattant sur différents fronts de guerre français. Mais, cet ouvrage connut très vite les affres de la Seconde guerre mondiale et fut détruit le 2 septembre 1944, comme la quasi-totalité des ponts lyonnais, lors de la débâcle allemande (photo d'André Gamet). Dés 1947, des travaux de reconstruction furent entamés, mobilisant une centaine d'ouvriers pendant deux ans. Les techniques les plus modernes furent employées : une cloche de fer de 86 tonnes fut immergée pour mettre en place les fondations. Promis comme étrennes aux Lyonnais, le nouveau pont Kitchener fut inauguré le 2 janvier 1950. Pour éprouver sa solidité, 60 camions pesant près de 800 tonnes durent le traverser... A la fois réussite architecturale, artistique et technique, ce pont était l'un des plus aboutis de l'époque. En novembre 1955, son histoire prit un nouveau tournant. Le consul d'Angleterre, Sir Parr, proposa d'associer au nom de Kitchener, celui du célèbre explorateur français Marchand. Pourtant rivaux, leur sens commun des responsabilités permit d'éviter une guerre franco-anglaise, et ouvrit la voie quelques années plus tard à l'Entente Cordiale, dont le cinquantenaire devait être célébré cette même année. Le pont Kitchener devint alors le pont Kitchener-Marchand. Pourtant, le patronyme Kitchener resta le plus employé. C'est ainsi qu'en 1992, lors d'un rafraîchissement du pont, le nom de Marchand fut carrément oublié, provoquant une "mésentente cordiale"...
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