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Lorsqu'une allée tortueuse et étroite fait place, sous l'égide du dieu Mercure, à une galerie marchande du plus bel effet... Construit en 1825 par l'architecte Fargue selon le principe des galeries métalliques à verrière - comme à Paris et Turin -, le passage de l'Argue fut le premier et le dernier témoin lyonnais de ce type de rue couverte. Il traboule de la place de la République à la rue Edouard Herriot et de là jusqu'à la rue de Brest. Ouverte en 1828, les Lyonnais découvrent alors une galerie marchande sous l'égide de Mercure, protecteur des commerçants et des voyageurs. Une petite statue de ce dieu romain aux pieds ailés, copie d'une ¦uvre de la Renaissance italienne, occupe la rotonde centrale. Cette galerie chic remplace une ruelle malodorante qui ne comptait pas moins de quinze ateliers de tissage. En 1834, les canuts émeutiers s'y retranchèrent tout naturellement avant d'en être délogés par le canon. Pendant la seconde guerre mondiale, en 1942, l'occupant fait déposer le Mercure en bronze pour le transformer en obus. Le dieu gracieux et volage avait déjà disparu en 1902 avec un voleur... Avec ou sans dieu, les Résistants se réunissent clandestinement dans le passage. Dans le registre "noir", Léo Malet y fait comploter les personnages de sa série des "Nestor Burma"...
Le Mercure au pied agile ! En 1995, une association de commerçants décide de rénover le passage de l'Argue. La ville octroie une subvention et propose de restituer au passage la statue qui s'y trouvait autrefois. Une troisième reproduction en bronze du Mercure ailé de Giambologna (Jean de Bologne sculpteur flamand qui vécut à la Cour des Médicis), vient se poser à nouveau sous la rotonde. Ces retrouvailles sont scellées le 6 avril par le maire de Lyon en même temps que l'inauguration des travaux de rénovation du passage. Trois jours après, le Mercure se fait déboulonner par des vandales ! Il est remis une nouvelle fois en place en octobre 1996. Depuis, on croise les doigts... Aujourd'hui, dans la galerie du passage de l'Argue, les parapluies se vendent toujours aussi bien. Chez les chapeliers, les casquettes "Kangol" ont remplacé voilettes et capelines ; les bérets sont toujours là, plus colorés qu'auparavant mais presque identiques. La pâte d'amande reste délicieuse et sur les partitions les notes continuent de s'envoler... |
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